Chapitre 1 : Le Chemin de Traverse
Enfin, l'été tirait à sa fin! Comme l'an dernier, l'été a été chaud, humide et long. Malgré les tentatives enthousiastes de mes parents à vouloir m'amener à la plage, je ne trouvais guère ma normale bonne humeur. En fait, c'est difficile de passer ses étés dans un endroit moldu, soit sans magie. Avant, il y a bien des années, je m'amusais bien à la plage avec ma petite pelle en plastique rouge et avec du sable. Aujourd'hui, j'avais juste l'envie de monter sur mon Estorlia, mon balais qui ne faisait que changer de couleur, afin de m'envoler vers les cieux, histoire de trouver un peu de fraîcheur là haut. Enfin, même si je me trouverais près de Poudlard, je n'aurais pas le droit de faire de la magie en dehors de l'école de sorcèleries : il faut avoir 17 ans pour user de la magie en dehors de l'école! Quel désastre! Ça m'ennuie!
Aujourd'hui, je devais quitter notre maison à Londres, afin que je puisse me rendre sur le Chemin de Traverse avec ma meilleure amie, afin d'y acheter les quelques nouveaux livres demandés sur la liste scolaire. J'étais assise sur mon lit et je contemplais ma chambre. Pas tellement grande, mais assez pour que je puisse m'y sentir à l'aise, un petit bureau se trouvait juste à côté de mon lit, habité par une lampe et quelques livres de magie. Une fenêtre se dessinait devant mon bureau, tandis qu'une large -et vieille- armoire se reposait paresseusement contre le mur au bout de mon lit. Finalement, une télévision, que j'ai eu pour mes 10 ans, était posée sur un meuble tout à droite de ma chambre. Je me levai rapidement debout, jetai un coup d'oeil à ma magnifique valise bien remplie de mes vêtements de sorcière, et je sortis vivement de ma chambre, souriante. En arrivant dans le couloir, j'aperçus notre petit salon, habité par un simple divan vert et d'une vieille télévision, tandis que trois portes se trouvaient contre les murs, menant à la chambre de mes parents, celle de mon grand frère et celle...de la salle de bain. Je descendis les escaliers deux par deux et j'arrivai dans la cuisine silencieuse. Mon père avait eu la fantastique idée d'essayer un sortilège sur notre vieux mur blanc, qui était devenu un mur décoré de briques brûlées. Il avait fait son possible pour donner une allure splendide aux pierres, mais il n'avait jamais réussi, en disant simplement qu'il allait ''arranger tout ça plus tard''. Plus tard voulait dire ''jamais'', bien sûr. L'horraire de mon père était bien trop chargé pour qu'il puisse avoir le temps de décorer les murs de notre maison. Ma mère aussi, d'ailleurs. J'avais deux parents très occupés, oui!
- Oh, Aurore? Tu es déjà debout? questionna une voix derrière moi.
Je me retournai aussitôt, souriante. Un homme à la chevelure blonde cendré mi-longs, lui tombant bientôt aux épaules, descendait -et manquait débouler- les escaliers, un brillant sourire dessiné sur son visage séduisant. Une robe de sorcier d'un rouge foncé habillait son corps, tandis que des souliers couvraient déjà ses pieds. Comme je m'y attendais bien, mon père était déjà prêt à partir travailler. Il vint néanmoins s'asseoir avec moi à la table, tandis que, d'un coup de baguette, il mit quatre pains dans le toaster. Je souris, l'enviant beaucoup. J'avais hâte d'abuser de la magie ainsi, moi aussi! Enfin, ça ne me dérangeait pas de voir mon père en abuser, car je le trouvais toujours amusant à voir agir. Mon père, Robert Chase, travaillait au Ministère de la Magie, au Quartier des Aurors. Et oui! Mon père était un Auror, soit un poursuiveur de Mangemorts, des mauvais sorciers très méchants qui abusent de la magie noire et interdite.
- Bonjour, papa! saluai-je joyeusement, tout en le regardant démarer la cafétiaire d'un coup de baguette aussi. Tu as bien dormi?
- Hum...Non, pas vraiment. répondit-il, mais en voyant mon regard inquiet, il me sourit. Oh, non, je n'ai pas fait de cauchemars ou un truc du genre! Mon sommeil a été très bien. J'étais juste triste de m'endormir sans avoir discuté avec ta mère. Elle était fatiguée, donc elle ne voulait pas m'entendre parler de ma soirée. Et bon, tu sais que j'adore parler, hum?
- Oui oui, je le sais très bien! affirmai-je, tout en étouffant un rire. Mais tu peux me parler, si tu veux.
Il laissa échapper un ricanement silencieux, tandis qu'il nous servit du café, en utilisant toujours la magie. Bientôt, ce fut les toasts qui furent servis, beurrés magiquement par du beurre. Je pris un pain rôti et je mordis dedans, tout en regardant mon père siroter son café d'un air absent. Dans son regard bleu-vert, je pouvais facilement lire qu'il n'a pas eu une belle soirée au boulot, hier.
- Si je parlerais, je gâcherais ta joie de retourner à Poudlard. avoua-t-il en fixant son café. On n'a pas eu une très belle journée au travail, non. Depuis que Tu-Sais-Qui est de retour, ses serviteurs sont encore plus fous que jamais. Ils veulent tellement faire savoir au monde entier que leur Seigneur est revenu qu'ils s'amusent à tuer de pauvres Moldus innocents. Les poursuivre n'est jamais facile, tu vois?
J'hochai la tête. Par ''Tu-Sais-Qui'', mon père voulait dire le Seigneur des Ténèbres, Lord Voldemort. Son nom est presque maudit et il est tellement habité par une puissance noire que les gens grimaçent quand on dit son prénom. Moi, personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes à dire 'Voldemort'. C'est un nom orignal, mais bizarre, donc ça ne me dérangeait pas. Mais je savais que mes parents avaient horreur quand j'osais prononcer ces trois syllables, donc je me taisais lorsqu'ils parlaient de lui. Et, depuis que Voldemort est revenu, mon père est plus occupé que jamais à présent. Il pouvait s'absenter de la maison pendant des jours. Mais bon, c'est son boulot et il fallait le comprendre.
- Ouais, les meurtres, ils apparaissent dans les journaux Moldus. expliquai-je d'un ton las, pas surprise par ses explications. Mais bon! Aujourd'hui, je vais enfin aller acheter mes trucs au Chemin de Traverse!
Cela eut pour effet d'afficher un sourire brillant de mon père et je lui rendis aussitôt. Je n'aimais pas le voir avec cette expression absente, donc je voulais absolument changer de sujet. Des bruits de pas se firent aussitôt entendre près des escaliers et je bus une gorgée de café, souriante. Je sentais le liquide chaud traverser mon corps. C'était une chaleur agréable, contrairement à la chaleur humide à l'extérieur.
- Bon sang, Aurore! Tu ne vas quand même pas garder ces cheveux noirs pour la rentrée? s'exclama la voix d'une femme.
Comme je m'y attendais bien, ma mère venait de descendre les escaliers. Je regardai par dessus mon épaule et j'aperçus l'expression d'effroi qui s'affichait dans son visage, sa bouche grande ouverte. J'étouffai un rire. Ma mère, Allison Cameron-Chase, avait des longs cheveux blonds qui lui tombaient dans le milieu du dos, tandis qu'elle portait qu'une simple robe de chambre bleu marin comme vêtement. En l'apercevant, mon père sourit et, en l'instant de quelques secondes, il se retrouva debout, en train d'enlancer sa femme. Je ricanai de nouveau. S'il y avait quelque chose que j'aimais beaucoup chez mes parents, c'est qu'ils s'aimaient toujours comme au premier jour, même si ça faisait une vingtaine d'années qu'ils partageaient leur vie. L'amour qui durait, c'était rare, de nos jours.
- Bonjour, chérie. salua Robert en collant ses lèvres au front d'Allison. Tu as bien dormi, mon trésor?
- Bonjour, Robbie. salua-t-elle rapidement, en le repoussant presque pour pouvoir me dévisager. Pour l'amour du ciel, Aurore! Les cheveux bleus, d'accord, mais...noir...?
- Ils ont quoi, mes cheveux? questionnai-je d'un air interloqué.
Je passai mes doigts dans ma courte -aussi courte que celle d'un gars- chevelure noire comme la nuit, en tenant toujours mon toast dans l'autre main. Je souris tendrement à ma mère. Ais-je réellement déjà eu des cheveux bleus? Effectivement. J'adore changer mes cheveux et j'en ai la possibilité, puisque je suis une Métamorphomage : je peux donc changer mon apparence à volonté. Je suis née comme ça et c'est sûrement la seule magie que je peux utiliser en dehors de l'école de sorciers de Poudlard! Allison repoussa alors mon père, qui prit une mine faussement profondément triste et elle posa ses mains sur sa taille, avec un air insistant sur son beau visage.
- Ils sont un peu...commença-t-elle, cherchant les bons mots pour terminer sa phrase. Garçons, non? Ne pourrais-tu pas avoir cette coupe de cheveux de l'année passée? Tu sais? Rouge? Long?
- Trop de maintien. grimmaçai-je en déposant ma tasse de café sur la table. Les changer à volonté ne veut pas dire qu'ils se coiffent tout seuls, eh!
Une vague image passa dans mon esprit, celle de mon apparence de l'année dernière. Une chevelure à la fois rouge, rousse et blonde, me tombaient près des épaules, légèrement retroussés vers le bas. Ça me donnait une allure flamboyante, mais un seul coup de vent réussissait à rendre mes cheveux ridicules, soit redresser maladroitement dans les airs, comme si j'aurais subi un choc électrique.
- Oui, mais de là à te donner une allure de parfait garçon manqué...souffla ma mère, avec ses yeux de chien battu. Tu ne pourrais pas essayer de te donner des cheveux longs? Comme moi?
- Essaie de m'imaginer avec ta tête lors des matchs de Quidditch. proposai-je en me croisant les bras. Ma vue serait cachée par les cheveux, non? Une coupe courte est idéale pour le Quidditch!
Après avoir fièrement prononcé ma dernière phrase, je fermai joyeusement mes yeux en passant mes bras derrière ma tête. J'entendis ma mère soupirer, tandis que mon père étouffa un rire. S'il y a bien une chose que ma mère ne peut pas contrôler avec moi, c'était mon apparence. Si je le voulais, je rentrerais à Poudlard avec un bec de canard au lieu de mon nez et bouche ou alors avec des pattes d'autruche au lieu de mes jambes normales. Mais, je n'ai jamais osé changer d'autres choses que mon visage et mes cheveux.
- Allons, Allison! appela Robert en ricanant. Tant qu'Aurore a des cheveux sur la tête, c'est cool, non?
- 'lut, m'man, p'pa, Rore. salua une voix endormie.
C'était mon grand frère, Jimmy, qui venait de descendre les escaliers. Ses cheveux bruns foncés impossible à applatir étaient en bataille, tandis que ses lourdes paupières cachaient ses yeux verts à moitié. Je levai ma tête pour lui adresser un sourire, qu'il se força de me rendre, tandis qu'il prit mon autre toast sans ma permission. Je partais pour répliquer, mais un regard froid de mon père m'obligea à me calmer.
- Passé une bonne nuit, Jim? questionna-t-il en prenant son café abandonné sur la table.
- Mouais. répondit mon frère aîné en mâchant mon toast comme s'il mâcherait un tapis. J'avais juste pas envi de me rendre à l'université c'matin, c'tout.
Il me jeta un coup d'oeil qui voulait tout dire et je laissai échapper un soupir, embêtée, tandis que je terminai mon toast. En fait, contrairement à moi, Jimmy n'est pas sorcier. C'est un Cracmol : un enfant né de deux sorciers sans avoir le moindre pouvoir magique. Il m'enviait beaucoup, moi et mes parents, même si ma mère, elle, n'abusait pas de sa magie comme mon père. Non, ma mère était une passionnée des Moldus et travaille même avec eux, dans un hôpital depuis peu. En effet. Malgré ses excellentes notes à Poudlard, maman a décidé de faire ses études en médecine dans une université de Moldus. Personnellement, je crois qu'elle a fait ça pour remonter le moral de Jimmy, même si elle ne fait que dire que les Moldus sont passionnants. Là, sans grande motivation, Jimmy étudiait en histoire à l'université et, contrairement à moi, il n'était pas motivé pour la rentrée des classes.
Allison prit aussitôt le visage de Jimmy entre ses mains délicates et elle lui fit un tendre sourire, alors qu'il voulait éviter son regard bleuâtre.
- Mon chéri, l'université, c'est génial! s'exclama-t-elle d'une voix douce. Tu auras l'occasion de revoir tes amis et d'apprendre des nouvelles choses, non?
- Bof, les amis. grogna-t-il en se croisant fermement les bras. J'en n'ai pas vraiment et...des nouvelles choses? Pfeuh, j'apprends rien moi, comparé à
elle!
Je fronçai les sourcils, tandis que Jimmy me lançait un regard noir, comme si j'aurais tué quinze personnes devant ses propres yeux. Ma tasse de café fut libérée de mes doigts : si je l'avais tenue plus longtemps, je l'aurais peut-être éclater en mille morceaux par accident. Un soupir déçu s'échappa des lèvres de ma mère, tandis que mon père regarda Jimmy et moi, à tour de rôle. Finalement, je me levai d'un bond et je rendis le regard à mon frère aîné, en faisant mon possible pour contrôler ma respiration, qui était un peu plus rapide. Je pris une inspiration avant de prononcer ces mots :
- C'est ça, pleurniches donc encore ta mauvaise chance! répliquai-je en faisant un mouvement brusque avec mes bras, énervée. Ne me blâme pas parce que tu n'es qu'un Cracmol, Jimmy!
- Ne me traites pas de Cracmol! répliqua-t-il d'un ton plus brusque, lui aussi. C'est toi qui n'arrête pas de parler de tes foutus sortilèges lors des dîners! -Il prit une voix aigüe- Oh, vous savez? Mon sortilège préféré est
Accio! C'est chouette de voir les objets venir vers moi ainsi, hihi!
- Oh, la ferme! ordonai-je en mordant dans mes mots. Je ne faisais que parler de mon année scolaire! T'es rien qu'un gros jaloux, Jimmy Chase!
- ÇA SUFFIT, MAINTENANT.
Nous tournons aussitôt nos têtes en direction de mon père, qui nous regardait d'une façon très menaçante, sa respiration bruyante et énervée. Je laissai échapper un soupir, terminai ma tasse de café et je montai les escaliers quatre par quatre, ne voulant pas rester dans la cuisine avec cette horrible et lourde ambiance. J'arrivai aussitôt dans ma chambre et je claquai la porte derrière moi d'un geste furieux, tandis que je donnai un violent coup de pied à ma valise, qui s'ouvrit sous le coup. À l'intérieur, j'aperçus des bouts de ma robe de sorcière dépasser, mais je n'y portai guère attention. Je me laissai tomber sur mon lit, la respiration haletante et je reposai mes mains sur mon front, mes yeux regardant le plafond.
Depuis maintenant trois ans, Jimmy et moi avons souvent des disputes du genre. Même si on faisait toujours notre possible pour garder notre relation amicale de frère et soeur, il fallait toujours que j'apperçoive la jalousie de Jimmy et que cela entraîne une dispute désagréable, toujours interrompue par mon père. Je me sentais désolée pour mon frère aîné, mais il me tapait vraiment sur les nerfs à mettre tout ça sur ma faute, comme si ça serait à cause de moi que maman ait mis un Cracmol au monde. Bon, il est vrai que Jimmy est l'aîné, donc, d'après lui, ça aurait dû être lui le sorcier et moi, la Cracmol. Mais bon, seul le hasard décide si les enfants sont sorciers ou pas.
Finalement, comme je m'y attendais bien, ma mère entra timidement dans ma chambre. Je tournai subitement ma tête vers elle, mes yeux à moitié fermé. C'était toujours comme ça. Après les disputes, mon père allait parlé avec Jimmy, tandis que ma mère s'occupait de moi. Et, à chaque fois, les choses se faisaient de la même façon. Ma mère venait s'asseoir sur mon lit, hésitait pendant une fraction de secondes et se lançait enfin. C'est ce qu'elle fit maintenant.
- Ma chérie...appela-t-elle d'une petite voix. Tu sais que, même s'il vieillit, Jimmy est toujours infecté par le fait qu'il est un Cracmol.
- Oui, je le sais. répondis-je en reposant mon regard sur le plafond, pas intéressée à écouter son discours pour la Xième fois. Et il m'envie, je dois le comprendre et je ne dois plus jamais me mettre en colère.
- C'est...C'est exact. affirma ma mère en cherchant mon regard. C'est difficile pour lui de vivre dans une maison avec trois sorciers.
- Deux. corrigeai-je en la regardant enfin. Toi, tu te prends pour une vraie Moldu, sauf quand vient le temps de faire du ménage. Je me sens désolée pour lui, vraiment, mais, par la barbe de Merlin, il m'énerve quand il est frustré après moi! Ce n'est pas de ma faute s'il est un Cracmol!
- ...Oui, tu as raison. soupira-t-elle en se levant debout. Je vais devoir lui faire comprendre ça, cette année. Il est jaloux, ton frère, mais il faut le comprendre.
J'hochai mécaniquement la tête et j'allai fermer ma valise, ne voulant plus parler de mon frère avec ma mère. Cette dernière, en me voyant faire, émit un petit rire silencieux.
- Déjà le 1er septembre. souffla-t-elle, tandis que je la regardai. Tu retournes enfin à Poudlard. L'école a dû te manquer, j'imagine?
- Oh que oui! répondis-je en sentant le bonheur remonter en moi. J'ai hâte d'y retourner. Enfin, je vais aller acheter mes bouquins et ensuite, direction King's Cross!
- D'accord. approuva ma mère en souriant et elle me serra dans ses bras. Passes une belle journée, ma chérie.
Je lui souris et je quittai la maison en amenant ma valise avec moi. Normalement, mes parents m'accompagnaient pour acheter mes fournitures scolaires, mais ils devaient travailler. Par contre, je vis mon père me suivre jusqu'à notre simple, mais sympa, salon. Un long divan d'une couleur rouge chaleureuse se trouvait contre le mur, tandis qu'une magnifique télévision à écran plat se trouvait juste en face, tandis qu'une petite table se trouvait entre les deux. Finalement, ce qui attira notre attention fut la cheminée qui se trouvait contre le mur de droite. On avança vers la cheminée et mon père alla à l'intérieur, en se penchant largement vers l'avant, souriant.
- Et bien, ma chérie, on se revoit aux vacances de Noël, hum? dit-il en plongeant sa main dans un pot de fleur près de la cheminée.
J'hochai la tête, souriante. Ça me faisait un peu mal au coeur de devoir quitter mon père pendant un assez long moment : je suis très proche de lui, même si je ne le vois jamais. Robert se redressa aussitôt dans la cheminée, prit une inspiration, tandis que ma mère et Jimmy l'observèrent de la cuisine.
- Ministère de la Magie! s'exclama-t-il d'une voix puissante.
Des cendres, qu'il avait prit dans le pot de fleur, s'échappèrent de ses doigts et, dans un grognement lourd, il disparut dans des flammes vert émeraude. Je souris et j'entrai dans la cheminée à mon tour, tandis que je pris de la poudre de cheminette comme mon père. Allison et Jimmy me firent chacun un signe de main et mon frère aîné quitta aussitôt la maison sans rien ajouter. Je fermai aussitôt mes yeux et je toussotai, afin d'éclarcir ma voix.
- Chemin de Traverse! m'exclamai-je d'une voix forte.
Un lourd grognement retentit dans la cheminée et, tout comme mon père, je disparus dans les flammes vertes. Je sentis que je tournoyai sur moi-même, mais j'étais habituée. J'adorais me déplacer par les cheminées comme ça, même si, lors de ma première année à Poudlard, j'avais recraché mon petit déjeuner.
Je sentis aussitôt mes genous heurter le sol et un grognement s'échappa de ma bouche : malgré les nombreux voyages par cheminées, je n'étais toujours pas habituée à arriver à la destination choisie. Je me redressai et je dépoussierai mes jeans avec ma main droite, l'autre tenant ma valise. J'entendis alors des gens parler et je sentis mon visage devenir rayonnant : des tas de sorciers et sorcières se promenaient un peu partout sur le Chemin de Traverse, la fabuleuse rue habitée par des magasins de toutes sortes. J'aimais cet endroit. C'était toujours habité et joyeux, même si, cette année, c'était beaucoup plus calme. Des sorciers avaient fermé leur magasin, de peur de voir Voldemort arriver dans ce dernier. Mais bon, ça ne me dérangeait pas de voir quelques commerces vides : tant que les commerces populaires sont encore ouverts, ça me va!
J'avançai aussitôt sur les lieux, en observant les sorciers et sorcières qui passaient à côté de moi. Il y en avait de tous âge, de 11 ans à une centaine d'années. Mais bon, une chose préoccupa mon esprit à présent ; il fallait que je me rende à la Ménagerie magique, l'animalerie du Chemin de Traverse. Non seulement je devais m'acheter un nouvel animal, mais c'était mon point de rencontre avec ma meilleure amie, Absolute Len.
J'arrivai aussitôt devant le magasin voulu et je m'adossai contre un mur, en tenant ma valise avec ma main gauche. Comme je me connaissais bien, je savais que j'étais en avance sur mon amie, donc je me contentai de regarder soit les animaux exposés dans la vitrine, soit les sorciers passant devant moi. Néanmoins, la première option remporta mon attention et je me retournai face à la vitre, afin de voir un hibou au plumage brun et beige, avec de grands yeux oranges, tandis qu'un bébé hibou d'un bleu pâle se trouvait à ses côtés, huhulant de joie. Je grimaçai. Cette petite chouette serait bien trop excitée pour moi. J'aurais pensé prendre un oiseau, c'est sûr. Peut-être un hibou...
- Aurore! Oh, suis-je en re---OUAH! s'écria une voix aigue.
Je fis aussitôt volte-face et j'eus droit de voir une jeune fille écrasée à plat-ventre par terre, les bras tendues en avant d'elle, une valise couchée sur ses pieds. J'étouffai un rire, tandis qu'elle gémissait de douleur en faisant son possible pour se relever debout maladroitement. Ça, c'était ma très chère Absolute Len, meilleure amie depuis notre première année à Poudlard. Elle réussit enfin à se remettre sur pieds et elle passa vivement sa main dans ses longs cheveux à la fois brun, blond et blanc par endroit, nerveuse. Soudain, elle laissa échapper un rire en me regardant joyeusement avec ses yeux noirs, tandis que je me croisai les bras.
- Tu ne t'es pas cassée une jambe? questionnai-je en souriant. Ça serait dommage de commencer l'année ainsi.
- Oh, ça va, ça va! Je crois? répondit-elle rapidement en vérifiant si elle avait toujours ses deux jambes. Oh, oui, elle n'est pas cassée! Enfin, ça n'aurait pas été grave si je m'aurais cassée une jambe : au moins, je ne me serais pas réveillée en étant un raisin sec!
Suite à ça, elle laissa échapper un rire et j'en fis de même. Pour diverses raisons que j'ignorais, Absolute se réveillait souvent le matin en s'écriant qu'elle n'était pas un raisin sec -ou qu'elle avait rêvé qu'elle en était un-. C'était marrant, j'avoue! Elle dit toujours des trucs bizarres, mais c'est ça qui fait d'elle une personne amusante à côtoyer. Je me retournai aussitôt vers la vitrine, où le hibou me fixait de ses yeux oranges et je regardai ma meilleure amie de nouveau, qui hocha vivement la tête.
- Tu veux acheter ton animal maintenant? demanda-t-elle, amusée.
- Oui, bien sûr. approuvai-je en hochant la tête. Je voulais bien t'attendre pour faire ça!
Absolute laissa échapper un petit cri de joie, ce qui me fit sourire. Mon amie était un adoratrice d'animaux. Son père possédait, en fait, deux chiens, un chat -qu'Absolute a dû abandonné, à cause de toutes les saletés qu'il faisait- et un dragon barbu. Un vrai zoo! Elle avait demandé à son père si elle aurait pus avoir un hibou et un autre chat à Noël, mais il avait refusé. Mais bon, Absolute va satisfaire son adoration pour les animaux, soit dans ce magasin ou dans le cours des Soins aux Créatures Magiques. Je poussai aussitôt la porte du Ménagerie magique et un bruit de clochette retentit, tandis qu'un miaulement se fit entendre et un chat au pelage blanc vint se frotter à mes pieds. Absolute se pencha aussitôt pour caresser le chat, qui semblait largement apprécier ces marques d'affections et ronronna bruyamment. Je m'avançai aussitôt dans l'endroit et une femme aux cheveux noirs attachés en une queue de cheval s'avança vers moi, ravie.
- En quoi pourrais-je bien vous aider, mademoiselle? questionna-t-elle d'une voix enchantée.
- Oh, rien. répondis-je sans la regarder, mes yeux observant les animaux présents. Je suis juste venue acheter un animal pour Poudlard.
- Aah, je vois. fit la dame, tandis qu'Absolute, avec le chat dans ses bras, admirait le hibou de la vitrine. Auriez-vous une préférence animale?
- Les oiseaux. répondis-je en regardant enfin la conseillère du magasin, souriante. Quelles espèces avez-vous?
- Voyons voir...
On s'avança dans un coin plus éloigné du magasin, là où des perchoirs habités par des différentes espèces d'oiseaux -et même des chauve-souris- se trouvaient. Absolute, à présent, se trouvait devant un aquarium et dévisageait un crapaud, comme s'ils se feraient un duel du regard. Le chat blanc, lui, se tortillait, voulant sauter sur la grenouille, histoire de jouer avec -ou de l'attaquer, je ne saurais le dire-. Néanmoins, mon attention se porta sur les oiseaux. Il y avait plusieurs sortes d'hibou, de plusieurs couleurs et de tailles différentes, dont certains me plaisaient, mais je secouai ma tête. Je n'avais pas envi d'avoir un hibou, à peu près comme tout le monde. Soudain, un oiseau attira mon attention. C'était une corneille au plumage noir comme la nuit -et mes cheveux- au regard doré et perçant. Elle était perchée sur un perchoir, en se lavant les plumes et je me retournai face à la conseillère, souriante. Je montrai aussitôt l'oiseau de la nuit du doigt, tandis que mon autre main se glissa dans la poche de mon pantalon, où je sentis des pièces rondes.
- Je vais prendre cette corneille. déclarai-je, tandis que l'oiseau m'observa. Combien coûte-t-elle?
La femme eut alors une expression qui ne me plaisait pas vraiment. Elle me regardait comme si j'étais folle. Pourquoi me regardait-elle ainsi? Si elle est surprise de voir quelqu'un acheter une corneille, alors elle n'avait pas à exposer cet oiseau dans son magasin, par la barbe de Merlin!
- Euh...Elle coûte 34 mornilles et 76 noises. répondit-elle d'une voix incertaine. Mais, mademoiselle...Vous savez que les corneilles sont mal vues et qu'on dit qu'elles portent malheurs...?
- Je me fiche de ce que le monde pense des corneilles. spécifiai-je en montrant mon bras à la corneille, qui vint se poser aussitôt sur mon épaule. J'aime les oiseaux, j'aime le noir, donc les corneilles représentent un animal que j'aime bien, voyez-vous?
Avec mon ton affirmé et franc, la conseillère n'hésita plus et on se rendit à son bureau. Au passage, j'aperçus Absolute abandonner le crapaud, en se lassant sûrement de le regarder et elle échappa le chat par terre. Ce dernier cracha aussitôt, insulté et il alla se faufiler quelque part dans le magasin. Ma meilleure amie s'approcha de moi, tandis que je sortis les 34 mornilles et 76 noises demandées.
- Oh? Tu as prit une corneille? questionna-t-elle de sa voie aigue naturelle.
- Oui. affirmai-je, tandis qu'on se dirigea vers la sortie du magasin, en prenant nos valises -qui étaient restées près de l'entrée-. Elle est belle, non?
L'oiseau noir croassa aussitôt d'une façon satisfaite. Je souris aussitôt et on se rendit vers Fleury et Bott, afin qu'on puisse acheter nos nouveaux livres pour cette nouvelle année à l'école de Poudlard. Comme je m'y attendais, il y avait beaucoup de gens déjà présent à cette fameuse librairie où on achète tous nos livres. Les premières années demandaient désespérément à leurs parents ''À quoi servent les cours de la Défense contre les Forces du Mal?'' ou alors ''Suis-je vraiment obligé de monter sur un balais? J'ai peur des hauteurs!''. Je sursautai aussitôt. En entendant le mot ''balais'', je me rendis compte que le mien, Estorlia, était resté dans ma chambre, adossé contre le mur de ma chambre. Merde! Je laissai échapper un soupir en passant ma main derrière ma tête, tandis qu'Absolute se fit bousculer par quelqu'un qui s'écria ''Hé, la bizzaroïde!'', mais il n'y prêta guère attention. Au contraire : elle me regardait d'un air concerné.
- Ça ne va pas, Aurore? questionna-t-elle d'une petite voix.
- Je viens de me rendre compte que j'ai oublié mon Estorlia chez moi. soupirai-je, tout en fouillant dans une poche de ma valise, afin d'en retirer un parchemin plié. Enfin, aucune importance. Dis-moi, Abso. Tes résultats de la BUSE, ils sont bien?
On s'était placées dans un coin plus tranquille de la librairie, histoire qu'on puisse discuter sans se faire bousculer par à un peu près tout le monde. Je vis aussitôt ma meilleure amie perdre son sourire, tandis que, d'un geste piteux, elle retira un parchemin plié, qui était dans sa poche de pantalon. Qu'est-ce que la BUSE? Nos examens qui se trouvent à la fin de notre cinquième année à Poudlard. Ce sont des examens très importants, qui, avec les résultats, déterminent un peu quelles carrières nous pouvons faire dans le futur. Mon amie ouvrit aussitôt le parchemin, éclarcit sa voix dans un toussotement et, finalement, elle regarda à gauche, puis à droite et décida de me tendre son parchemin. Je gardai le mien en dessous de mon bras et j'ouvris le papier jaunâtre, tandis que ma corneille croassa avec bonheur.
Métamorphose - D
Défense contre les Forces du Mal - O
Sortilèges - E
Potions - P
Astronomie - A
Histoire de la Magie - D
Botanique - T
Étude des Moldus - O
Soin des Créatures Magiques - EJe fronçai les sourcils et je levai lentement mon regard vers Absolute, qui laissa échapper un rire nerveux. Elle avait eu un T en botanique -T étant la pire note-? Je comprenais bien qu'Absolute, et moi-même, soit-disant passant, n'aimait pas les cours de botanique, mais de là à avoir un T... Mon amie arracha aussitôt le parchemin de mes mains et elle le fourra dans sa poche, ses joues roses de honte.
- Je sais que mes notes ne sont pas très bien. avoua-t-elle, mais son visage devenu rayonnant. Mais j'ai eu un O en Défense contre les Forces du Mal et dans l'Étude des Moldus!
En voyant mon regard bizarre que je lui faisais, elle se tut aussitôt et parut interloquée. Je fronçai les sourcils, tandis que je commençai à déplier mon propre parchemin.
- C'est un peu normal que tu aies un O en Étude des Moldus. expliquai-je d'un ton las. Pourquoi as-tu prit ce cours, alors que ton père est un Moldu? Il n'y a plus rien à apprendre sur eux!
- Cours facile, qui me permet d'avoir plus d'un seul O sur mes bulletins, tu vois? avoua-t-elle d'une petite voix enjouée.
J'hochai mécaniquement la tête. Personnellement, je me demandais bien comment ça se faisait qu'Absolute a été admise à la maison des Serdaigle qui est, souvent, habitée par des élèves sages et intelligents, qui adorent apprendre, un peu le contraire d'Absolute. Même s'il lui arrive d'être sage, si elle en a la chance, elle fait son possible pour avoir les cours les plus faciles, afin qu'elle ne se force pas trop. Mais bon, dans un sens, je connais une autre fille de Serdaigle qui n'est pas spécialement sage et attentive.
Avec mon amie à mes côtés, je dépliai mon parchemin et nous lisons les résultats qui y étaient inscrit. Des résultats un peu meilleurs que ceux d'Absolute, soit.
Métamorphose - A
Défense contre les Forces du Mal - E
Sortilèges - E
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Soin des Créatures Magiques - EJ'aperçus aussitôt ma meilleure amie grimacer, sûrement dû au fait que je n'ai aucun T dans mes examens de BUSE, contrairement à elle. Je rangeai aussitôt le parchemin et je regardai ma corneille coasser de nouveau, en battant un peu de ses ailes. Un rire s'échappa de mes lèvres, tandis qu'Absolute m'observait d'un air à moitié amusé et à moitié exaspérée.
- Mais bon, il ne faut pas que tu penses que je suis meilleure que toi! m'empressai-je d'ajouter. Tu sais que mes études en Métamorphoses ont coûté la vie de Stellar?
- Ooh, oui, la pauvre! s'exclama-t-elle en levant ses mains à sa bouche.
Stellar? Qui était-ce? Stellar était ma chatte espagnol que j'ai eu durant mes cinq premières années à Poudlard. Lors du juin dernier, j'étais dans ma salle commune et je pratiquais mes sortilèges de Métamorphoses pour l'examen de la semaine d'après. Or, alors que j'essayais de la transformer en un hélicoptère miniature, Stellar s'est volatisée et elle n'est plus jamais réapparue. Quand je l'ai mentionnée à notre professeur de métamorphose, professeur McGonagall, elle m'a répondu, d'un air désolé, que Stellar était passée de l'autre côté. Aurais-je fait un sortilège de tuerie par accident? Non, d'après professeur McGonagall. Mon ancien animal de compagnie s'aurait juste retrouvé dans un autre monde que nous ne connaissons pas, comme elle pourrait se retrouver dans le bain d'un français riche à Paris. On n'en savait rien, mais une chose est vraie : je ne retrouverai pas ma chatte vieille de dix ans.
- Abso! Aurore! Vous n'avez pas encore acheté vos livres?
- Rodi! s'écria ma meilleure amie avec joie.
Le surnommé Rodi, nommé Roderick, se trouvait juste à côté de nous, accompagné d'un chariot qui contenait sa large valise marron et tous ses bouquins fraîchement achetés pour notre nouvelle année à Poudlard et Absolute sautillait sur place, hésitant si elle devait lui faire un gros câlin ou non. Finalement, elle sauta à son cou, lui fit un câlin de retrouvaille et quand nos regards bleus et verts se croisèrent, on se serra chaleureusement la main avec un hochement de tête. Sa chevelure châtaine et lisse était assez longue pour que plusieurs mèches lui tombent près de ses yeux d'un vert émeraude et brillant et je devais lever ma tête pour l'observer : Roderick était un garçon de très grand pour son âge, sans pour autant avoir l'air de ces grosses brutes aux gros muscles. Moi, qui se fout de l'allure des autres, je dois bien admettre que Roderick est l'un des plus beaux types de notre âge, bien franchement. Il méritait bien ce titre, puisqu'il était un type fier. On pouvait le savoir rien qu'en regardant sa chemise d'un rouge écarlate fraîchement repassée, alors que la lumière au plafond réfletait bien sur ses cheveux lavés depuis quelques heures. Même s'il était l'un des rares beaux gars de Poudlard, Roderick était aussi l'un des rares gars fiers.
- Tu as passé un bon été? s'empressa de questionner Absolute, toujours aussi ravie de revoir son ami.
- Ouais! répondit-il avec joie, en portant son attention sur elle. J'ai passé une bonne partie de mon temps à m'entraîner pour le Quidditch. J'aimerais vraiment rentrer dans l'équipe, cette année.
- Bonne chance. dis-je en m'accotant sur ma valise, sous un joyeux coassement de ma corneille. Il est vrai qu'il y aura de la place pour des nouveaux joueurs, mais Angelina Johnson ne sera plus la capitaine. D'après mes sources, c'était une fille qui tolérait bien les nouveaux pas très débrouillards, comme Weasley. Mais peut-être que le nouveau, ou nouvelle, capitaine sera plus exigeant?
Roderick perdit aussitôt son sourire, tandis qu'il me lança un regard perçant et je ne réagis guère : je ne fis que lui faire un adorable sourire, tandis qu'Absolute nous regardait d'un air abattu.
- Ronald était doué lors du premier match de l'année dernière. répliqua-t-il d'un ton tout à fait sérieux et imposant. Il a encaissé plusieurs buts, malgré le chant ridicule que vous lui chantiez!
- Oh, nom de Merlin, ne recommence pas avec cette histoire! répliquai-je en haussant les épaules. Je te le jure sur la tête de Dumbledore que je n'ai pas chanté cette chanson ridicule. Après tout, j'étais trop occupée à voler avec le Souafle pour compter des buts!
- ...on pourrait cesser de parler de Quidditch? se risqua Absolute d'une voix timide. Je ne voudrais pas qu'on...perde de temps à se chamailler inutilement...Nous n'avons pas encore acheté nos livres, Rodi...
On tourna aussitôt nos têtes vers Absolute, comme si on venait de se rappeler de sa présence. La pauvre, elle était souvent coincée entre les diverses disputes entre Roderick et moi, mais c'était tout à fait naturel, même si je crois que c'était surtout de sa faute à lui si on ne faisait que se chamailler. En fait, Roderick appartient à la maison de Gryffondor et moi, j'appartiens à Serpentard. Depuis mille ans, soit à l'époque où Poudlard venait d'être construit, les Gryffondors et les Serpentards se détestaient d'une façon ou d'une autre. Entre le lion et le serpent, il y avait toujours cette rivalité. À Serpentard, nous sommes des gens qui veulent réussir tout dans la vie, qui savourent la gloire et le succès. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour arriver à nos fins, même si on doit penser plus à soi-même qu'aux autres dans ces cas là. Chez Gryffondor, c'était le contraire. Les Gryffondors honoraient l'amitié, la générosité et la bonté. Donc, souvent, entre les deux maisons, il y avait des conflits. Moi, je faisais mon possible pour bien m'entendre avec les Gryffondors, et je savais que Roderick faisait son effort de son côté, même si c'était un peu difficile pour lui, étant donné qu'il a toujours possédé cette certaine antipathie envers les membres de la maison de Serpentard.
Enfin, on se jeta un coup d'oeil, on se força de sourire et Roderick nous montra le chemin pour acheter nos livres requis pour la sixième année à l'école de sorcèleries, au grand bonheur d'Absolute. Plusieurs élèves étaient déjà présents et j'en reconnus plutôt, dont un en particulier : le célèbre Harry Potter. Avec ses cheveux noirs en bataille et ses yeux d'un vert émeraude, accompagnés de ses lunettes rondes, il était assez facile à reconnaître. Ce qui était facile à reconnaître aussi était le fait qu'à peu près tout le monde lui parlait. Comme je pus remarquer, il était accompagné par la famille Weasley : une grande famille composée que de personnes rousses. Par contre, je ne vis que Mr. et Mrs. Weasley accompagnés de leur fils et de leur fille : tous leurs autres enfants avaient terminé leurs études scolaires à Poudlard. D'après ce que Roderick nous a dit, il y avait sept enfants dans cette famille, ce qui était assez impressionnant. Avec la famille Weasley, Harry Potter était accompagné par son autre amie de toujours, Hermione Granger. Elle, c'était la vraie 'Je-sais-tout' de toute l'école entière de Poudlard. Malgré son intelligence excessive, Hermione était une fille assez jolie, avec ses cheveux bruns vagués et ses yeux de couleur marron. Je jetai un coup d'oeil à Absolute et Roderick, qui allèrent aussitôt discuter avec Harry Potter et ses deux amis, Ronald et Hermione. Roderick était un bon ami de Ron, tandis qu'Absolute admirait beaucoup Harry pour son courage et Hermione pour son intelligence. ''Tu es tellement plus brillante que moi...Comment tu fais, dit?'' avait-elle demandé une fois à la Je-sais-tout lors d'un cours de Défense contre les Forces du Mal.
Pour ma part, je gardai mes distances du groupe, tandis que ma corneille coassait, visiblement énervée de voir autant de monde. En me rappelant de la présence de mon oiseau de nuit, je portai mon attention sur elle et je caressai son bec avec mon doigt d'un geste délicat, avec un sourire en coin.
- Ma pauvre, je ne t'ai pas encore baptisée...soufflai-je, sous son regard attentif. Mafia, ça te va comme nom?
Ma corneille, dorénavant nommée Mafia, coassa de bonheur et j'étouffai un rire en lui ébouriffant les plumes sur sa tête. Me retournant de côté, j'aperçus les escaliers et je décidai de les grimper, afin de me retrouver sur un balcon qui donnait une vue sur à peu près toute la librairie de Fleury et Bott. Arrivée en haut, Mafia sur mon épaule, j'observai le célèbre Harry Potter discuter avec le vendeur, ensuite avec Absolute, ensuite avec Seamus, un autre Gryffondor. Il parlait avec tout le monde, quoi, mais je sentais qu'il parlait avec une très fausse joie. Après avoir fait 'Accio Pomme' d'un coup de baguette pour attirer la pomme rouge d'une première année en bas, je croquai dans le fruit mûr en observant toujours les sorciers en bas, tandis que la fillette recherchait inutilement sa pomme volée par moi. Je n'y prêtais aucune importance, puisqu'une pomme ne coûtait que 49 Noises, je crois, donc elle ne devait pleurer dans les jupes de sa mère pour avoir perdu un fruit pas cher.
Harry Potter. Ce sorcier est célèbre, car il a résisté au sortilège de la mort du Seigneur des Ténèbres et cela lui a laissé cette chère légendaire cicatrice en forme d'éclair sur son front. Là, tout tourne encore de lui, puisqu'il a vu Voldemort revenir en vie de ses propres yeux et lui aurait encore échappé. L'année dernière, les gens ne le croyaient pas à propos de cette histoire, mais maintenant, nous le croyons tous, puisque les Mangemorts font des délires dans le monde des Moldus. Mon pauvre père, pauvre Auror qui passe son temps à poursuivre ces fous...
J'aperçus aussitôt Absolute me faire un signe de la main plus bas, tandis que la librairie se vidait peu à peu. Mon amie était accompagnée d'Hermione et d'une autre fille, d'un an plus jeune qu'elle. C'était elle, l'autre fille de Serdaigle qui n'était pas nécéssairement sage et concentrée comme tous les autres Serdaigles : Luna Lovegood. Ses longs cheveux blonds vagués -et grichous vers le bas- lui tombaient à la taille, tandis que ses grands yeux bleus avaient un air absent et rêveur, qui nous laissait facilement croire qu'elle ignorait tout ce qui se passait autour d'elle. Par contre, contrairement aux deux filles, Absolute avait deux fois plus de livres et elle m'en donna la moitié en laissant échapper un souffle court, comme si tous ces bouquins étaient trop lourds pour elle. Je souris à Hermione, qui ne fit qu'hocher la tête et je regardai ma meilleure amie d'un air interloquée. Elle n'avait quand même pas...?
- Tu as acheté mes livres? demandai-je, surprise.
- Oui, mais tu me rembourseras à moitié plus tard, d'accord? proposa-t-elle, d'un ton assez calme, mais enjoué tout de même. Pour l'instant, on aimerait se rendre chez Pirouette et Badin, le magasin de Farces et attrapes!
- Pour y faire quoi? questionnai-je, interloquée.
- Ils auraient, parait-il, créé un philtre d'amour. expliqua Luna avec une voix tout aussi absente que son regard. Tout le monde va y jeter un oeil, donc j'ai pensé m'y rendre avec Absolute. Et avec Hermione, aussi.
- Je ne veux pas vraiment y aller. avoua cette dernière d'une voix un peu froide. Je n'ai jamais vraiment aimé les sotises de Farces et attrapes, mais, de toute façon, je dois rejoindre Harry et Ron là bas.
- On y va? demanda finalement Absolute, rayonnante.
Pirouette et Badin était un magasin réputé pour avoir toutes les marchandises impensables sur le marché. Des marchandises qu'on utilisait surtout pour jouer des blagues aux autres, ou pour sécher des cours. Comment ça? Les deux nouveaux propriétaires, Fred et George Weasley, deux grands roux, avaient créé un bonbon à deux couleurs, soit deux parties : une partie te fait vomir sans arrêt, le temps que tu te rendes à l'infirmerie et la deuxième partie du bonbon te remettait sur pieds. C'était dégoûtant. Absolute l'avait déjà essayé, une fois et, par accident, elle avait avalé le bonbon au complet, donc elle a passé la journée au complet à avoir des haut-le-coeurs douloureux, mais en étant en forme la moitié du temps, donc elle n'a pas pus sécher de cours comme prévus.
Par contre, une foule d'élèves, qui était toute à Fleury et Bott, il y a quelques minutes, se trouvait près d'un bassin qui dégageait une vapeur rose et agréable. J'entendis des aclamations rêveurs de plusieurs filles et on se fraya un chemin pour nous approcher du bassin. Ce dernier était habité par des petites fioles remplies de liquide rose et j'aperçus Pansy Parkinson, une Serpentard, en prendre un dans sa main, avec un sourire à la fois rêveur et confiant sur son visage.
- On dit que celui qui avale ce filtre tombe immédiatement amoureux de nous. expliqua-t-elle en regardant les autres filles, moi incluse. Mais -follement- amoureux de nous. Comme si on était la vraie femme de leur vie!
- Tu as l'intention de l'utiliser, Parkinson? demandai-je d'une voix à la fois interloquée et amusée.
- Bien, si, pourquoi pas? répliqua-t-elle en renfermant ses doigts autour de la fiole rose, ses lèvres fendues en un sourire confiant. Et toi, Aurore? Ça te dit?
J'aperçus Absolute, Luna et Hermione s'éloigner un peu plus loin, tandis que je discutais avec Pansy Parkinson. Cette fille, vraiment, était une vraie garce avec à peu près tout le monde, sauf les Serpentard, bien sûr. Nous ne sommes pas amies, mais il m'arrive de discuter avec elle, quand on se croisait. Pour répondre à la question de ma confrère Serpentard, j'haussai bêtement les épaules, en prenant un filtre d'amour dans mes doigts, l'observant d'un oeil critique.
- Non, pas vraiment. répondis-je en reposant la fiole à sa place. Déjà je ne suis pas intéressée à l'amour, alors voir un mec désespérément amoureux de moi...
- Tu ne peux pas ne pas être intéressée par l'amour! s'exclama-t-elle, ses cheveux noirs carrés frôlant son visage avec son mouvement de tête. Chaque fille rêve du prince charmant, non?
- Moi, je ne fais que rêver d'avoir la Coupe de Quidditch dans mes bras. avouai-je d'un sourire confiant. Si seulement Potter arrêterait d'attraper le Vif d'Or à la place de Malefoy...Pfeuh, il perdrait si les meilleurs balais du monde ne lui tomberaient pas sur la tête n'importe quand!
- Il faut avoir de la persévérance et du talent pour gagner les matchs de Quidditch. répliqua calmement une voix derrière moi.
Par la surprise, je laissai échapper un cri et je fis volte-face, afin de me retrouver face à face avec une paire de yeux de couleur émeraude : Harry Potter était juste là et, vu son expression, il a dû tout entendre ma conversation avec Pansy. Cette dernière posa ses mains sur sa taille, partait pour répliquer mais je levai ma main devant elle pour la faire taire. Je continuai de fixer les billes vertes du sorcier populaire, tandis que Mafia coassa, en cachant sa tête sous son aile, visiblement fatiguée.
- Oui, c'est vrai. avouai-je en haussant bêtement les épaules. Je dois avouer que votre équipe de Quidditch est bien, Potter, contrairement à la nôtre. -Il me regarda d'un air surpris- Je ne vais pas dire que c'est moi qui est nulle, mais bien ces deux bourrins de Crabbe et Goyle. Ils ne savent même pas faire la différence entre le vert et le rouge sur le terrain.
Je me croisai les bras d'un air furieux, en revoyant les deux silhouettes massives de nos batteurs de l'équipe de Serpentard. Crabbe et Goyle. Leur rôle à eux est de nous protéger des Cognards, des balles folles qui veulent taper les joueurs. Crabbe avait frappé le Cognard et l'a envoyé vers moi, ce qui m'a fit échappé le Souafle, afin qu'il tombe dans les bras de Katie Bell. Nom de Merlin que je hais cet idiot.
Harry hocha aussitôt la tête, se força de sourire et il s'éloigna aussitôt, appelé par ses deux amis de toujours, Ron et Hermione. Ils quittèrent tous les trois le magasin et Absolute et Luna s'approchèrent de moi, toutes deux souriantes. Roderick se trouvait derrière elle, en tenant son lézard, son animal de compagnie, dans ses bras.
- Et si on allait à King's Cross? proposa ma meilleure amie. Si on ne se dépêche pas, la barrière 9 3/4 se fermera!